En épurant mon G.Reader ce matin, je suis tombé sur un article de TechCrunch.fr, traduit de Techcrunch.com, qui m’a laissé sans voix (ou sans doigts… rapport au clavier). En substance, Arrington lance un projet pour que les lecteurs de TechCrunch, et au-dela, les Internautes, s’unissent pour concevoir un Tablet PC.
Mais pas n’importe quel Tablet PC: un Tablet PC qui n’existe pas encore sur le marché! Un Tablet PC « Low Cost/Low Function », un peu comme un eeePC si vous voulez. Mais comme cette tablette « LC/LF », qui répondrait parfaitement aux attentes d’utilisateurs avides de simplicité, de mobilité, de fiabilité et surtout de « rentabilité », n’existe pas encore sur le marché, Arrington s’est mis en tête de la développer, en MODE 2.0.
Sans rapport avec mon point principal, je dois avouer que je suis déjà conquis par le produit… Ou du moins par les spécifications de développement annoncées:
La machine est aussi fine que possible, le matériel Hardware est le plus basique et il y a un seul bouton pour allumer et éteindre; une entrée pour des écouteurs, une camera vidéo intégrée, des petits haut-parleurs et un micro; fonctionne avec WiFi, un port USB et une batterie intégrée, un demi GiGa de RAM, et un disque dur de 4 GiGa; on l’utilise essentiellement comme un iPhone, de façon tactile. On le veut sur Linux et Firefox
Simple, esthétique à priori et efficace.Le tout pour une Target à 200/300$ en terme de pricing. Moi je dis BANCO !!!
Et pour amener cet outil à la vie, Arrington va faire contribuer les Internautes pour la rédaction de cahier des charges, des specifications et même pour le développement de software spécifique. Et c’est là pour moi, enfin une vraie innovation « Grand Public » du Web 2.0, qui pourrait lancer le premier pont durable et solide entre le Web 2.0 et les entreprise 1.0.
Je m’explique: avec cet envie de « joujou », Arrington franchi, pour moi, une étape primoridiale. Bien sur invisible à aujourd’hui, mais qui constituera surement un moment clé de l’avènement du Web en tant que « mouvance » globale, et non plus seulement reservé à des Happy Fews.
En effet, aujourd’hui, lorsque l’on évoque le Web 2.0, un format d’interaction et de communication participatif, cela reste encore pour la majorité des gens (le Grand Public) un concept assez flou, tous au plus visible dans ses formats « Stars »: Wikipédia, Dailymotion ou … Facebook? Quoique, personnellement, je peine à qualifier FB comme web 2.0: Autant il permet l’échange et le réseautage, autant il laisse peu de place à une contribution populaire et constructive. Finalement, les seuls contributeurs de FB (dans l’esprit web2.0) restent les développeurs… cela réduit quand même la base. Mais passons…
Malgré les fantasmes existants, ce Web 2.0 reste une « mouvance » assez limitée: un blog comme celui ci, même si « apparenté » à la mouvance 2.0, ne l’est pas tant que ca! Quelques contributeurs (Yom, Bess, subli, Patrick…), un peu plus de lecteurs, des commentaires, quelques échanges… Mais finalement, assez peu de « participatif » au niveau du blog en lui même: on rédige, vous lisez et réagissez, parfois. On aimerait plus d’interaction, mais la technique nous bloque… Si ca vous rappelle quelque chose, rendez vous chez votre marchand de journaux!
Le Blog, « épicentre secondaire » de cette mouvance, est aussi une unité de cette mouvance: en contribuant au nombre de pages/contenus crées sur le Web, Suchablog appartient au Web 2.0 et fait vivre le Web 2.0… mais d’une manière assez peu Web 2.0 finalement. Suchablog existe dans un périmètre défini, son espace, au sein d’un périmètre indéfini, l’espace numérique. Et c’est la, comme pour bien des « avatars » du Web 2.0 que réside la faille: la contribution ou participation entre ces différents « épicentre secondaires » est somme toute rare. Au dela de ca, la contribution ou la participation à l’espace physique (le Réel) n’est finalement que toute relative. Les quelques Happy Fews contributeurs ne représentent ils pas qu’une part réduite de la Réalité ? Et ne nous rabache-t-on pas les oreilles à base d’Universalité du Web 2.0, et du Village Global à la communication globale qu’il a engendré ?

Le Web 2.0, une mouvance limitée donc, à partir du moment où elle reste d’un seul coté de l’écran. Une mouvance limitée parce qu’elle ne parvient que trés peu à passer de l’autre coté de l’écran (si quelqu’un me cite la « démocratie participative » de Ségo, je Kikoulol).
D’aucun pourra aussi me rétorquer que finalement, c’est plutot logique… puisque le Web 2.0 est par essence sur le Web. Donc d’un coté de l’écran. Ce qui est vrai, Mais ce qui serait aussi pour moi une minoration de la réalité: le Web, et par extension le Web 2.0, et par hyper-lien (mouarf), les Nouvelles Technologies, ont de plus en plus une influence sur notre vie de tous les jours. Plus qu’un effet de mode, cette influence est maintenant durable. Grandissante aussi, mais apparemment plafonnée. Car finalement, ce Web 2.0, cet espace virtuel, acquiérera une véritable existence quand il aura su toucher notre Réalité, celle qui se trouve de l’autre coté de l’écran. Ce Web 2.0 ne sera aussi Universel qu’on nous le dit, que lorsqu’il aura, de manière durable et surtout « Symbiotique », imprimé de sa trace l’autre coté de l’´écran.
Car de l’autre coté de cet écran, il y a toi, il y a moi, il y a vous, il y a nous. Et il y a eux aussi. Surtout même. Et toute cette population passe une trés grande partie de son temps, et de son énergie à travailler (généralement) dans ce qu’on appelle une entreprise. Et même si nous ne travaillons pas, l’Entreprise est surement l’entité protéiforme Humaine avec laquelle nous nous retrouvons le plus souvent « connectée » (en contact). Et la plupart du temps, soyons franc, nos entreprises sont loin d’être « 2.0″.
Que ce soit en tant que client ou en tant que collaborateur, certaines caractéristiques d’entreprise reste universelle: communication difficile, orientée « Top to Bottom », peu encourageante pour le « User Generated Content » spontanés (si j’ose dire), offrant une liberté d’exploration/découverte assez réduite, fonctionnant de plus en plus dans un univers de « Process » et de « Procédure », rigides et contraignants.
Un constat que chacun d’entre vous peut faire pour sa propre paroisse je pense. Un constat qui fait que bien souvent, l’endroit privilégié pour consulter un espace récréatif (si j’ose dire) comme Suchablog, est votre bureau à vous. Un constat qui place finalement l’entreprise à l’opposé du modèle Web 2.0. Avec une opposition « suprême » dans l’imaginaire collectif: le « constructif » face au « récréatif ». Ce qui me pousse à utiliser le terme d’Entreprise 1.0, clin d’oeil au Web 2.0 et à la plus que probable évolution (?) à moyen terme, de cette Entreprise.

Entreprise 1.0 et Web 2.0 ?
Cette évolution d’ailleurs, beaucoup d’entreprises tentent de nous y faire croire: blogger affilié, Second Life, Page MySpace ou que sais je encore… Les Entreprises 1.0 flirtent de plus en plus avec le 2.0. C’est vrai, et je ne le remets pas en cause. Mais c’est principalement, soyons honnête, à vocation de relations publiques ou de publicité… à la Surface du Web 2.0 en somme. Au final, elles utilisent des « moyens de diffusion » 2.0, mais dans une logique quasiment uniquement 1.0.
De l’autre coté de l’écran, depuis quelques années, lorsque vous allez sur certains sites/blogs/etc… vous pouvez assister chaque jour à l’éclosion de nouveau site web/service. Tous estampillés Web 2.0 bien sur. Nouveaux services, nouvelles plateformes… toutes ayant un intérêt (ou pas) et un public (un marché?). Malheureusement, et malgré le Tampon Web 2.0 officiel des milieux « Autorisés », le plus souvent en restant dans un comportement d’Entreprise 1.0. Une première traversée d’écran donc…
Mais quid de l’inverse ? Connaissez-vous de vrais exemples concret de 2.0 qui serait passé dans une Entreprise 1.0 ? Personnellement non. Mais ma vie étant partagé entre une Entreprise 1.0 (même un Groupe 1.0) et un univers 2.0 (à moins haute dose…), je ne cesse de me poser la question. Certains exemples, prémisces du 2.0, existent pourtant: les Focus Groupe par exemple. Ces Thinks Tanks de clients à l’usage des marketeux. Participatif et collobarotif dans un sens. 2.0 toutefois ? Pas vraiment non: rigides, encadrés, peu transparent, controlés… Ils sont finalement loin de cette philosophie de 2.0 qu’on connait. Autre exemple, les Forums d’Utilisateurs: un peu mieux au niveau « communication/collaboration » (surtout entre client d’une même société), mais encore trés sectorisé à un registre (l’aide) et offrant peu d’interactivité avec l’Entreprise sorti de ce registre. Ils constituent aussi souvent des vitrines relationelles (1.0) plus que des outils réels (2.0).
Imperméabilité immuable ? Incompatibilité totale ? Le Web 2.0 et l’Entreprise 1.0 serait donc condamnés à se regarder en chien de faience de part et d’autre de l’écran ? Personnellement je refuse cette approche. Même si, éthymologiquement parlant, l’Entreprise 1.0 perdra sa dénomination lors d’une symbiose avec un Web qui sera devenu plus que 2.0 alors. Des exemples potentiels, je dois avouer qu’à aujourd’hui, j’en ai quelqu’uns en tête. Mais l’annonce de TechCrunch aujourd’hui me donne l’occasion de ne pas les dévoiler de suite (gnarf!). Parce que Michael Arrington, par son « envie » d’un Tablet PC, vient de faire le premier vrai pas entre les deux mondes.
Ce qu’il propose finalement, ce n’est ni plus, ni moins, que de laisser l’utilisateur final du produit le concevoir de lui même. Et ouvre ainsi la porte sur d’autres possibilités. Si cette voie s’avère payante, cela pourrait chambouler un peu (énormément) notre conception du Business Model d’une entreprise. Rien que ca.

Ainsi, dans ce nouveau modèle, l’entreprise serait quasiment dégagé de la tache de conception/création du produit, l’étape primaire de développement. Son rôle serait dévolu (et non pas borné) à lancer ses clients/contributeurs sur un thème, en leur mettant à disposition les ressources et outils nécessaires à l’expression de leur besoin. La quantité de contribution assurant le rôle des Etude « volumétriques » de pré-conception (le quantitatif). La qualité des contributions en elles même assurant le rôle des « attentes, besoin et acceptance », le qualitatif en somme. Ces contributions pouvant aussi, avant même la mise en marché, vous permettre d’apprécier votre image/notoriété ou votre position concurrentielle. Première révolution.
Cette contribution, appropriation dans un certain sens, aurait aussi une fonction fédératrice conséquente: le DBY (Done By You) devenant un moyen quasi infaillible de s’assurer l’attente du produit, et permettant dans le même temps de s’épargner les couteux efforts de publicité, communication et autre marketing habituel. Le client/contributeur assurant la base de client de lancement (a minima), le client/contributeur/prescripteur permettant l’extension de cette base. Voila comment vous révolutionnez la « mise sur le marché », la « promotion » et la « vente » de votre produit. Et de deux.
L’après Vente aussi pourrait s’en trouver révolutionné (troisième non?): mon produit est concu par le client/contributeur/prescripteur… qui mieux que lui connait le produit finalement ? Et qui a aussi déja un bon contact avec mes autres possesseurs ? Alors pourquoi ne pas se reposer sur lui aussi pour le réparer? Qui mieux que lui peut conseiller un autre client(/contributeur) sur mon produit? Encore une fois, l’Entreprise se voit responsable de la mise à disposition des outils et supports nécessaires à cette mise en relation du client/contributeur/réparateur ou du client/contributeur/conseilleur. Et l’Entreprise peut donc se reposer pour la partie « Après Vente » et « Service Client »…
En synthèse, un beau chamboulement. Pas assez concret, irréel, dépourvu d’avenir ? Ou pas. Imaginez maintenant que Steve Jobs décide de développer son prochain iPhone ainsi ? Combien de ressources marketing/communication/IT pensez-vous qu’il puisse gagner (ou économiser..) au vu de l’engouement pour ses produits ? Qui n’aurait pas envie de donner son avis sur le design ? Sur les fonctionnalités ? Quel programmeur ne piafferait pas d’impatience à l’idée de tester la petite fonction animée gràce à sa ligne de code ?
Autre exemple, moins Geek cette fois: imaginez que la même proposition vous soit faite par Fiat pour sa nouvelle Fiat 500… Comment réagiriez vous ?
Bien sur, certaines limites existent: les fonctions supports à proprement parler (RH, DSI…) ne pourraient (à priori) être traités de la même manière. La production du produit aussi ne peut être totalement chamboulé (quoique…). Donc, un certain conservatisme de quelques vestiges des Entreprises 1.0 semble obligatoire. Mais d’un autre coté, mon client/contributeur/prescripteur/reparateur/conseilleur obligera une remise à plat des notions de Pricing, et une « réorganisation drastique » de beaucoup de fonctions dans une entreprise (quoique !)… Ce Business Model pouvant, peu ou prou, s’appliquer à d’autres secteurs qu’a la production de Bien… ce qui ouvre encore bien des champs.
Finalement, est ce vraiment si utopique d’imaginer cette symbiose à grande échelle entre le Web 2.0 et l’Entreprise 1.0 ? Personnellement, je pense que non. Bien sur, comme Rome, cela ne se fera pas en 1 jour (ni même en 1 an). Mais je suis persuadé que Michael Arrington vient de poser la première vraie pierre du Pont qui reliera enfin Web 2.0 et Entreprise 1.0… Et je suis vraiment curieux de voir si ce pont va réussir à joindre les deux rives…
Et vous (si vous êtes arrivé jusque la), vous pensez qu’un nouveau Business Model soit en train d’éclore ? Allez, lache ton Com’ qu’on se la joue un peu Web 2.0










Suis totalement d’accord avec toi sur le fait que le mode collaboratif initie par les services dits Web 2.0 va petit a petit changer la face du monde de l’entreprise. Et c’est bien le pari du projet personnel sur lequel je travaille avec quelques amis. Plus a venir dans quelques semaines, si tout va bien.
ouais c’est vrai ça, si on foutait les ingénieurs au chomage, ça ferait économiser des sous a tout le monde … on le fait bien en remplacant les caissières et autres ouvriers par des machines.
Ah, tiens, on pourrait aussi remplacer les journalistes aussi.. Si on foutait la moitié de la population au chomage pour baisser les couts ? très bonne idée je pense, pas du tout utopique ni dangereuse …
troooop geek :rock
Je suis plus ou moins daccord. certaines boites utilisent des ‘digg-like’ pour generé des idées denouveaux produits / améliorations (dell ideastorm par ex).
Arrington lance un sérieux pav dans la marre … mais ce n’est pas tout a fait une ‘révolution’
@Stef: hum hum hum… mais kezako…?
@tim: non pas vraiment… juste un "changement de profession" plutot que du licenciement… Parce qu’il faudra toujours des gens pour "maitriser et conduire" cette reflexion commune et le reste…
@Prass: pas mieux
J’ai mis 2 jours a lire se billet mais j’ai fini par en arrivé à bout. Je suis entièrement d’accord avec tes propos. Le monde change en se moment et le web le fait changé plus vite encore: y a 2 ans on disais "tu pourras me mettre les photos sur un CD?" aujourd’hui c’est plutôt "je met les photos sur facebook/flickr se soir". Grâce à internet nos mode de vie change, donc je pense que oui dans un future plus proche que l’on pense internet changera le mode le fonctionnement des entreprises. Disons qu’il y a 10 ans on commencé a vraiment développé et regardé aujourd’hui ou on en est, alors imaginé dans 10 ans ou même dans 5 ans, :sage il faut se préparer a un changement de la façon de concevoir notre vie de tout les jours. (bon je m’enflamme la ^^) J’arrête de vous embêté bonne continuation.
@:true that! Et désolé pour la taille du post, mais j’avais des choses a dire… Par contre je me demande si les autres lecteurs ont eu autant de courage que toi!
:yes
Le Toyotisme peut être considéré cmme une sorte de pratique "2.0" de l’entreprise : la base des employés peut soumettre ses idées, peut importe leur job dans cette entreprise.
Google également, avec son quota de travail sur une projet personnel.
Même si ce ne sont pas des utilisateurs, ce sont les membres des communautés que forme ces entreprises.
Bon j’arrive un peu tard, mais je tenais a élargir le débat en vous proposant une vidéo digne d’intérêt public.
C’est une conférence dont le titre est : internet libre ou minitel 2.0 ?
Ca sort de l’idée originelle du post mais ca pose au même titre des (vraies) questions et donc ca vaut le détour.
Quoiqu’il en soit merci pour ce long post, car du contenu et de la réflexion, c’est chouette de nos jours quand même
Bien évidemment j’ai oublié le lien :
http://www.fdn.fr/Internet-libre...
(ps : j’aime beaucoup les captcha
)