France Télécom avait réussi à négocier le droit de proposer en avant-première et en exclusivité le premier single extrait du nouvel album de Madonna qui arrivera dans les bacs français le 14 novembre. Alors que l’opérateur devait conserver l’exclusivité jusqu’au 17 octobre, le service de téléchargement VirginMega s’est octroyé la permission de le diffuser aussi !
Selon France Télécom, les responsables de la plateforme VirginMega auraient tout simplement acheté le titre sur Wanadoo, avant d’en faire sauter les protections électroniques (DRM – Digital Rights Management ) pour appliquer les siennes et le proposer ensuite à la vente sur son propre service.
Sans vergogne, VirginMega aurait joué les pirates pour montrer à l’ensemble du secteur que « l’heure est grave », pour reprendre les mots de J ean-Noël Reinhard, président de Virgin Stores. » La distribution de musique en ligne ne peut être scindée des pratiques qui régissent la distribution physique. Nous n’avons jamais accepté les exclusivités dans nos magasins. Notre intention est de lancer un grand débat au sein de la filière », a-t-il expliqué au Figaro (L’article du Figaro se trouve dans la suite de ce billet)
En attendant que le débat soit effectivement lancé – s’il a lieu d’être – France Télécom devrait porter plainte dans les prochains jours…
Source : L’atelier.fr
MADONNA les rend tous fous ! En signant avec France Télécom un accord exclusif pour le lancement de son dernier album, la star américaine et Warner Music, sa maison de disques, ne pensaient pas déclencher une telle tempête. De fait, les opérations commerciales définies entre la maison de disque et l’opérateur ne ressemblent à aucune autre.
Elles avaient de quoi faire perdre leur sang-froid à certains. Première victime collatérale : le magasin de musique en ligne VirginMega, filiale du groupe Lagardère. Il est accusé aujourd’hui de piraterie par Warner Music et France Télécom. Le Snep, l’un des syndicats de l’industrie musicale, n’hésite pas, dans un courrier adressé au président de Virgin Stores, à qualifier la pratique d’«acte de contrefaçon».
VirginMega a mis en vente sur sa plateforme en ligne le single de Madonna Hung Up, dans une version particulière destinée à la radio, alors que celui-ci était disponible en exclusivité sur Wanadoo. Une exclusivité que la filiale de France Télécom avait pour une semaine.
Or, pour se procurer la chanson, VirginMega n’avait d’autre solution que de l’acheter auprès de Wanadoo, avant d’extraire les protections incluses sur le fichier et de le réencoder pour le mettre en vente. Un circuit complexe qui dégrade la qualité du titre vendu sur VirginMega. Et qui pourrait entraîner une nouvelle plainte à l’encontre de VirginMega mais, cette fois, de la part de Madonna elle-même.
Pour le président de Virgin, l’heure est grave
Face à de tels agissements, Warner Music France n’a pas eu d’autre possibilité que d’adresser une mise en demeure à VirginMega, lui demandant de retirer la chanson de ses rayons virtuels. En vain. La multiplication des menaces n’effraie pas le président de Virgin Stores.
«Nous avons décidé d’agir ainsi car l’heure est grave. La distribution de musique en ligne ne peut être scindée des pratiques qui régissent la distribution physique. Nous n’avons jamais accepté les exclusivités dans nos magasins. Notre intention est de lancer un grand débat au sein de la filière», explique Jean-Noël Reinhard. Cette argumentation, France Télécom n’est pas prêt à l’entendre. L’opérateur devrait porter plainte dans les jours prochains.
Quelles seront les réactions des maisons de disques ? «La filière a tout à gagner dans ce type d’opération, car cela va générer plus de trafic dans les magasins», souligne Thierry Chassagne, patron de Warner Music France. Chez Universal Music France, le discours est différent. Il est «hors de question de faire des exclusivités sur nos artistes. C’est contraire à notre philosophie», estime Pascal Nègre, le président d’Universal Music. Une prudence qui s’explique par le poids déterminant des enseignes Virgin ou Fnac dans la vente de musique.
«Les maisons de disques doivent bien réfléchir avant de signer avec des opérateurs de téléphonie : quelles relations souhaitent-elles instaurer avec les grandes enseignes ?», s’interroge Bruno Crémel, directeur général de la Fnac. Pour les aider à réfléchir, les deux enseignes ont menacé par écrit Warner Music d’un boycott.
Emmanuel Torregano, François Bouchon / Le Figaro 22 octobre 2005
Source : Le figaro.fr










