Tous des pourris…

Suchablog.comLe 6 Novembre dernier, Transparency International a présenté son rapport annuel sur « la perception de la corruption » dans le monde. Un rapport qui établit une notation par pays vis à vis de leur niveau de corruption perçu par des observateurs. Dans ce classement, plus de 75% des pays notés ont obtenu une note inférieur à 5 sur 10, niveau en dessous duquel un pays est considéré comme fortement corrompu… Pire encore, prés de la moitié des pays ont une note inférieur à 3, indiquant un niveau de corruption permanent (et alarmant)…

Cette année, c’est la Finlande, l’Islande et la Nouvelle Zélande qui se classe en tête des pays « clean », affichant un score de 9,6 sur 10 (fayots!), tandis qu’Haïtï pointe à la dernière place du classement (avec une moyenne de 1,8). La France pointe quand à elle à la 18ème place.

Transparency International, qui se présente comme une organisation mondiale de la société civile menant la lutte contre la corruption, édite chaque année (depuis 1995) un classement dans lequel 163 pays sont « notés ». L’organisation établit alors un indice composite à partir de plusieurs sondages d’opinion d’experts se prononçant sur leur perception du niveau de corruption dans les secteurs publics. Cette notation permettant d’établir un classement des pays sur une échelle de zéro à dix, zéro indiquant un degré de perception de la corruption élevé et dix indiquant un degré de corruption perçu comme faible.

Concernant le classement, il est intéressant de constater que des pays comme l’Afghanistan et le Liberia n’ont pas pu être intégré au classement. Même si c’est pays sont trés fortement soupçonnés d’être corrompus jusqu’à la moëlle, le manque de données respectant les pré-requis de l’ONG ne permettent pas de les y intégrer. Si on regarde nos petits nombrils, l’Allemagne est 16e alors que la France partage avec l’Irlande la 18e place comme en 2005, tandis que les USA pointe à la 20e place (17e l’année dernière).

Cette année, L’ONG Allemande a tenu à mettre en avant que la corruption d’un pays et la pauvreté de sa population se retrouve de plus en plus liés, mais que des facilitateurs ont une grande part de responsabilité dans ce processus. Ces facilitateurs sont souvent du à des pays développés qui maintiennent des pratiques de corruption à l’extérieur de leur frontières. La présence d’intermédiaires complaisants – souvent originaires des économies dominantes ou qui agissent à partir d’elles – encourage la corruption. Les corrompus savent qu’il y aura toujours un banquier, un comptable, un avocat ou tout autre spécialiste prêt à les aider à produire, transférer ou stocker leurs revenus illicites.

Le crédit-bail anglais au Kenya et les scandales qui lui sont liés en sont un bon exemple. John Githongo, l’ancien responsable de la lutte anti-corruption au Kenya, estime que des fonds publics ont pu être détournés grâce à des contrats frauduleux en utilisant des sociétés-écrans sophistiquées et des comptes bancaires localisés dans des juridictions européennes et offshore. Selon l’Indice de Corruption du Kenya de TI Kenya, la corruption coûte environ 1 milliard d’US$ chaque année aux Kenyans, tandis que plus de la moitié d’entre eux vivent avec moins de 2 US$ par jour

C’est d’ailleurs pour cette raison précise que Transparency a décidé de proposer un classement le 4 octobre 2006, l’Indice de Corruption des Pays Exportateurs, relatif à la propension des entreprises des 30 principaux pays exportateurs à payer des pots-de-vin à l’étranger.

Enfin, le 7 Décembre, Transparency devrait rendre public son Baromètre Mondial sur la Corruption 2006, qui exprime les perceptions des populations sur les degrés de corruption dans les principales institutions telles que les juridictions, le parlement ou la police. Ce Baromètre sera publié en prévision de la Journée Mondiale contre la Corruption, le 9 décembre 2006, organisée par les Nations Unies.

Les résultats sont consultables sur le site Internet à cet endroit

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