À l’heure où le Conseil de sécurité planche sur une déclaration le concernant, l’Iran brandit l’arme pétrolière.
Face aux menaces de sanctions onusiennes, Téhéran a brandi ce week-end les armes de rétorsion dont il dispose. « Le poids de sanctions sera définitivement plus lourd pour la communauté internationale que pour nous », a ainsi prévenu samedi le ministre de l’Intérieur, Mostafa Pour Mahammadi, en soulignant que l’Iran « dispose du plus grand et du plus sensible couloir énergétique du monde ». Une déclaration atténuée le lendemain par le ministre des Affaires étrangères, mais rappelant aux Occidentaux que la plus grande partie du pétrole des pays du Golfe passe par le détroit d’Ormuz, sur lequel Téhéran garde la main.
Par ailleurs, quatrième producteur de brut au monde, l’Iran peut, en jouant sur ses exportations, faire monter les prix mondiaux, déjà très élevés pour les économies occidentales et émergentes. Régulièrement agitée pour faire taire les critiques de son programme nucléaire, l’arme – pétrolière est néanmoins à double tranchant pour la République islamique, qui tire 40 % de son budget de ses revenus pétroliers. L’Iran dispose d’un autre moyen de pression.
Ce pays a de nouveau averti qu’il se retirerait du traité de non-prolifération (TNP) si l’ONU décidait de le sanctionner. Un tel retrait entraînerait le départ d’Iran des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), chargés justement de superviser le programme nucléaire iranien, au risque de voir ce programme se développer sans la moindre forme de contrôle. Enfin, Téhéran a une nouvelle fois soufflé le chaud et le froid sur la possibilité d’arriver à un compromis avec la Russie. Hier matin, la diplomatie iranienne a déclaré que la proposition russe, qui consiste à enrichir de l’uranium sur le sol russe dans le cadre d’une entreprise conjointe aux deux pays, n’était « plus à l’ordre du jour ». Avant de se rétracter, pour estimer que ce plan pouvait finalement « être un sujet de négociations ».
Téhéran tente de faire valoir son droit, reconnu par le TNP, à enrichir de l’uranium à des fins civiles. Les Occidentaux, Américains en tête, arguent que rien ne prouve que ce programme nucléaire n’est pas de nature militaire. Au terme de mois de pressions et de négociations pour tenter de contraindre l’Iran à stopper tout enrichissement, Européens et Américains ont obtenu mercredi que l’AIEA transmette le dossier à l’ONU, seul organe habilité à prendre des sanctions. Les ambassadeurs des cinq pays membres du Conseil de sécurité se sont déjà réunis deux fois pour élaborer la prochaine étape. Peu dont filtré, mais, selon les agences de presse, il semble que l’ONU se dirige dans un premier temps vers l’adoption d’une déclaration enjoignant l’Iran de se conformer aux demandes de l’AIEA.
Source : C. B. – L’humanite.com










