Vingt après Tchernobyl, l’ombre du nuage radioactif plane encore sur l’hexagone: plusieurs associations accusent l’Etat d’avoir caché l’ampleur de la contamination du sol français en 1986, tandis que la justice, saisie des plaintes de plusieurs centaines de malades de la thyroïde, tente de démêler le vrai du faux. Après l’explosion d’un réacteur de la centrale nucléaire ukrainienne le 26 avril 1986, des aérosols radioactifs, essentiellement de l’iode 131 et du césium 137, survolent la France entre le 29 avril et le 7 mai.
Pour des raisons météorologiques (les vents qui déplacent les particules et la pluie qui les précipite au sol), l’Est est la région la plus touchée. D’autres facteurs ont joué, dont les reliefs. Les particules, qui se trouvaient à environ 2.000m d’altitude, n’ont pu franchir certaines barrières montagneuses plus hautes et se sont donc déposées en paquets sur les massifs, notamment dans les Alpes.
Malgré la présence d’iode radioactif dans l’atmosphère pendant quelques jours, les autorités françaises ne prennent aucune mesure de protection. Elles jugent inutile de distribuer les comprimés d’iode stable dont elles disposent. Ce médicament protège la thyroïde en la saturant d’iode stable, la glande ne peut alors pas incorporer l’iode radioactif présent dans l’air. « On aurait pu le distribuer parce qu’on avait le temps entre le 26 avril et le 29″, souligne Roland Desbordes, le président de la CRIIRAD (Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité). « On aurait dû le faire ».
En effet, l’irradiation peut provoquer un cancer de la thyroïde. Environ 1.800 cas ont été observés en Ukraine, au Bélarus et en Russie entre 1986 et 1988 chez des personnes mineures au moment de la catastrophe. En France, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) reconnaît que les enfants d’un an qui résidaient dans l’Est de l’hexagone en 1986 ont reçu « une dose à la thyroïde estimée, en moyenne, à environ 10mSv » (10 milli-Sieverts). C’est plus de quatre fois l’irradiation naturelle annuelle (2,4mSv). Cette dose provient un peu de l’inhalation mais, pour l’essentiel, de l’alimentation. Le lait, les fromages frais et les légumes à larges feuilles ont été particulièrement contaminés.
Dans un rapport de décembre 1997, l’IPSN (Institut de protection et de sûreté nucléaire) écrit que, dans le Nord-Est, les légumes-feuilles ont atteint des concentrations en iode 131 de « quelques milliers de becquerels par kilo » en mai 1986. Dans le Sud-Est, le lait et la viande ont affiché des concentrations en iode 131 pouvant atteindre « plusieurs centaines de Bq/kg », selon le même document.
Ces valeurs, très vagues, sont sous-estimées. Une note rédigée à la main lors d’une réunion interministérielle le 16 mai 1986, et saisie par la justice, fait état pour le lait de brebis de « chiffres très élevés jusqu’à 10.000Bq/l » alors que la limite est de 500Bq/l. D’après le réseau « Sortir du nucléaire », un médecin corse a transmis le 3 mai 1986 au Commissariat à l’énergie atomique (CEA) du lait qui affichait une activité de 76.800Bq/l. Pourtant à l’époque, aucun aliment n’a été retiré du marché. Aucune mise en garde n’a été publiée sur les salades et les épinards, sur le lait des vaches et des brebis qui avaient brouté de l’herbe contaminée ou sur les fromages fabriqués à base de ce lait.
Cette inaction, les malades de la thyroïde l’ont encore en travers de la gorge. Des centaines de plaintes contre X ont été déposées pour « empoisonnement » et « administration de substances nuisibles ». Ces qualifications n’ont pas été retenues par la justice. La magistrate parisienne en charge du dossier est saisie d’une information judiciaire pour « violences volontaires » et « atteintes involontaires à l’intégrité physique ». Aucune mise en examen n’est intervenue pour l’instant.
Il est très difficile pour les malades de prouver que leur pathologie est directement imputable à la contamination nucléaire. « L’augmentation des cancers de la thyroïde (…) a commencé avant l’accident de Tchernobyl », note l’InVS (Institut de veille sanitaire). En outre, « les augmentations les plus importantes (…) concernent les départements de la partie ouest du pays, région la moins exposée aux retombées de Tchernobyl ».
Cette réponse ne satisfait pas tout le monde. Le 10 avril dernier, l’Assemblée de Corse a adopté à l’unanimité une motion pour « faire réaliser, par une structure indépendante désignée après un appel d’offres européen, une enquête épidémiologique sur les retombées en Corse de la catastrophe de Tchernobyl ».
Source : AP











Triste anniversaire :hein
Mauvaise nouvelle :
http://www.juriscom.net/int/dpt/...
Bientot on aura plus le droit de copier les articles de presse…
C’est pas grave on recopiera les articles en changeant les mots avec des synonymes, les plaignants pourront toujours venir contester… :blbl
De plus s’appuyer sur un arrêt de la Cour de cassation du 30 janvier 1978 pour des faits qui résultent des nouvelles technologies du 21e siecle me parait legerement obsolètes… :mouais