Raffarin lance le permis a un euro par jour

permis Le permis de conduire sera plus accessible pour les jeunes : dès juillet prochain, le gouvernement lancera l’opération «permis à un euro» : c’est l’annonce qu’a faite hier Jean-Pierre Raffarin en visitant le centre de formation des apprentis de Meaux, la ville de Jean-François Coppé, le porte-parole du gouvernement.

Sans attendre la présentation officielle du rapport qu’il a confié à Jean-Michel Bertrand, député de l’Ain, le premier ministre a décidé de présenter lui-même cette mesure phare, inspirée par la formule de l’ordinateur à un euro par jour, une formule qui marche. Les banques proposeraient donc des crédits aux jeunes désireux de passer leur permis de conduire – sous forme d’un préfinancement des cours par l’établissement financier – qui couvrira directement les coûts de la formation auprès d’une auto-école. Ensuite, le jeune devra rembourser la banque à raison d’un euro par jour, sur une durée correspondant au montant exact du coût de la formation, l’État prenant en charge les intérêts. L’enveloppe globale tournerait autour de 40 millions d’euros, financée par le fruit des contrôles radars. «Nous allons diminuer le coût du permis de conduire, qui est beaucoup trop cher aujourd’hui», a déclaré le premier ministre.

Selon les estimations, passer le permis de conduire coûte de 900 à 1 500 euros aux intéressés. Une somme importante, même si ce chiffre reste inférieur aux coûts moyens de la formation à la conduite chez beaucoup de nos voisins européens.

En rendant le permis plus accessible, le gouvernement veut s’attaquer à deux chantiers à la fois. D’abord, bien sûr, à celui de la sécurité routière. Car, si la mortalité a régressé dans l’ensemble de la population, elle a deux fois moins reculé chez les 15-24 ans. Les jeunes constitueraient également le gros des troupes des quelque 700 000 conducteurs qui roulent sans permis.

«Le nombre de jeunes roulant sans permis est en augmentation et directement lié au coût trop important du permis, estime Caroline Contencin, porte-parole de la Route des jeunes (association de sécurité routière, 450 membres). Or, il existait des aides ponctuelles auprès de tel ou tel conseil général mais rien au niveau national.»

Après hésitation, le gouvernement a décidé de proposer un dispositif pour tous : «Le permis de conduire est un enjeu national, il ne fallait pas exclure les classes moyennes», explique Jean-Michel Bernard, qui a plaidé dans ce sens, même s’il proposait, lui, un dispositif de financement un peu différent.

Par ailleurs, l’objectif est de soutenir l’insertion sociale et professionnelle des jeunes, et notamment des moins favorisés. «Il n’est plus possible qu’aujourd’hui un jeune puisse communiquer de n’importe où avec le monde entier, mais qu’il peine à pouvoir se rendre à un entretien d’embauche à 15 kilomètres de chez lui…», lance Jean-Michel Bertrand. Le premier ministre a donc annoncé un effort particulier en faveur des jeunes en apprentissage : le tiers du coût du permis sera alors pris en charge par l’État.

Certains responsables d’auto-école, comme Norbert Bondaz, responsable de l’auto-école Foch à Marseille, s’interrogent toutefois sur les risques de «démotivation ou de déresponsabilisation des jeunes» qui ne financeraient plus directement leur formation. Et attendent plus de précisions quant aux modalités exactes de financement.

Source : Lefigaro.fr

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