Jeudi 9 Février, 8h du matin heure Française, Carlos Ghosn, ancien CEO de Nissan et actuel CEO de Renault-Nissan, s’adressera au groupe (ainsi qu’à la presse et au public), pour annoncer à la fois les résultats officiel 2005 du groupe, ainsi que son plan stratégique à 3 ans pour le plus grand groupe automobile français, actuellement jugé « en difficulté » par les analystes.
Trés attendu du microcosme économique, cette « allocution » du président Ghosn, sera aussi la première a jouir d’un battage aussi fort, mais projette fortement dans la lumière un groupe qui ne va plus si bien…
Jeudi 9 Février, 8h du matin (15h à Tokyo…), Carlos Ghosn présentera, dans ce qui constitue le rendez vous de l’économie le plus attendu du premier trimestre 2006, les résultats officiel du groupe Renault Nissan pour l’année 2005, et surtout, le plan stratégique à 3 ans qu’il compte mettre en place. Un moment fort de l’économie et du constructeur, pendant lequel les 130 000 employés du groupe, et tous les analystes financiers, seront pendu au lèvredu plus qu’emblématique patron de la régie.
Depuis 2005, et la passation de pouvoir entre Louis Schweitzer, discret patriarche qui a amenée et dirigé la mutation d’un des plus vieux et plus grand groupe de France, et Carlos Ghosn, médiatique patron et prophète économique au Japon, grâce à son travail à la tête du Groupe Nissan, tout le monde attendait que ce dernier prennent enfin la parole pour expliquer sa conception de la destinée de la Régie de Boulogne. Connaissant le résultat de cette même allocution, peu après sa prise de fonction à la tête du groupe Nissan, le groupe Renault dans son ensemble commenceà frémir.
Pour mémoire, Ghosn avait alors annoncé la fermeture de plusieurs usines, et une restructuration drastique des effectifs pour sortir le groupe de ce qui semblait alors un trou sans fond. C’était en 1999, depuis lors, le groupe Nissan n’a eu de cesse de remonter la pente, devenant peu à peu l’un des plus gros pourvoyeur de bénéfice du groupe Renault-Nissan.
Mais, dixit Carlos Ghosn, le discours de demain n’a pas pour but d’annoncer un plan de restructuration, seulement un plan stratégique, énorme nuance cela dit. Le Groupe Renault, aujourd’hui, n’est pas le groupe Nissan d’alors. Le Groupe Renault est sain, son résultat et bon, seulement, quelques faiblesses structurelle apparaissent, révélées il y a peu, qui pousse M. Ghosn a réagir en mettant en oeuvre des mesures avant que les vrais problème ne se présentent.
Au chapitre de ces faiblesses structurelles, 4 (les principales) sont facilement identifiables: -Baisse des ventes sur le continent européen, et difficultés à les accroître (sachant que 85% du business de Renault y est réalisé) -Mauvais résultat de ventes des nouveaux modèles (Vel Satis, Modus, Espace…) -Dégradation de la marge opérationnelle (à priori 3% en 2005 pour 4,9% en 2004) -Dépendance trop forte à son marché historique et à certains modèles précis (pour exemple, les familles Mégane et Clio représentent à elles seuls 55% des volumes vendus et 75% des profits enregistrés)
Toutefois, rien d’alarmant dans l’immédiat, pour un constructeur qui réalise la 2eme meilleur progression mondiale en volume, derrière Toyota. Mais de réels risques pour l’avenir, que Carlos Ghosn compte bien contrer avant d’en arriver à la situation qu’avait connu Nissan en 1999.
Que dire alors de son plan triennal tant attendu? Dans le fond, pas de restructuration profonde, mais une volonté forte de réorganiser le groupe pour le mettre en bon ordre de bataille en visant quelques grands objectifs précis. Sur la forme, beaucoup plus de choses, tant ce rendez vous a pris l’allure d’une allocution présidentielle depuis ces dernières semaines…
Concernant la substance du discours, les grandes faiblesses structurelles énoncées plus haut devraient trouver des réponses: -Baisse des ventes et dépendance: Ouvrir les marchés de la marque, pour éviter une dépendance trop forte à un seul marché. Cela passera donc par l’ouverture sur les pays émergents, et surtout par le marché Américain. De plus, et cela ne dépendra pas de demain, la fin de la Clio II et l’arrivée de la Clio III (meilleure vente de la marque pour la Clio II), a mécaniquement crée une baisse des ventes, qui devraient se combler dés le premier semestre 2006. -Mauvais résultats et dépendance: Développer la gamme, en diversité et en qualité, pour éviter une fois de plus la dépendanceà quelques familles précises de modèles. A ce niveau, des jalons sont déja posés: Nissan dispose d’une diversité forte de produits, la Logan (produit avec Dacia) ouvre une opportunité exceptionnelle sur les marché émergents, pour parler de ce qui existe. Dans le potentiel, qui devrait être abordé pendant la conférence, une nouvelle tête pour le design de Renault devrait être nommé, pour renouveler l’image de la marque, et éviter les échecs récents de lancement, ainsi que le développement de nouveaux modèles haut de gamme, notamment dans le 4×4, marché ou Renault est actuellement inexistant, mais qui devrait être l’occasion d’utiliser les synergies avec Nissan, et d’ouvrir de nouvelles voies de croissance en Europe. -L’amélioration de la marge opérationnelle du groupe, ne peut passer que par une réduction des coûts en amont. Toutefois, pas de plan sociaux démesurés à l’horizon, et cela pour plusieurs raisons: Renault, a comme tout le monde, subit de plein la hausse conjoncturelle du prix des matériaux (Acier, pétrole pour le plastique…) du à la situation mondiale (Irak, montée en puissance de la chine…). Un travail sur les achats doit donc être fait, avant de penser au décruter. De plus, Renault peut profiter de ses synergies avec Nissan, pour s’équiper en nouvelle technologies, sans en supporter la majorité des couts… Enorme economie pour un constructeur automobile. De plus, Renault connaissant comme tout le monde les premiers effets du papy Boom, aucune raison valable ne pourrait pousser, ou obliger, Carlos Ghosn a déclarer un plan social.
Seul point incertain (quoique) Renault pourrait connaitre en 2006 sa dernière saison en Formule 1, en tant qu’écurie… En effet, Carlos Ghosn pourrait annoncer le retrait de Renault F1 en tant qu’écurie complète, pour repartir sur le modèle de feu l’écurie Williams Renault, en fournissant uniquement ses moteurs à une écurie. Drame pour les aficionados de F1, mais un centre de pertes en moins pour Renault…
Sur l’enrobage, la forme du discours, beaucoup plus à dire… Outre la couverture médiatiaque de ces dernières semaines (entre unes de journaux économiques, encart dans la presse non économique, reportage télé et radio) qui ressemble plus à la promotion d’un film qu’à l’annonce d’un plan stratégique, on peut aussi parler des moyens qui vont être mis en place ce matin du Jeudi 9 Février: couverture télé (LCI et Public Sénat retransmettrons en direct cette allocution), radio (BFM, France Inter et France Info ont déja prévu des émissions spéciales après discours pour débattre…) mais aussi Web!!! Et oui, car Renault, entreprise plus que centenaire, est définitivement rentré dans le 3ème millénaire. Le site corporate fleuri sous l’arrivée du discours, sobre mais efficace: animation flash qui retrace l’histoire la marque au Losange, partie dédié au discours, toujours aussi sobre, mais clairement efficace. De plus, le discours bénéficiera d’une retransmission en Webcasting sur le site corporate dédié à la presse (accès controlé bien sur), n° de téléphone pour suivre la conférence en direct par téléphone et adresse mail pour les questions, dont les plus récurrentes seront posées au CEO lors de la conférence.
Mais surtout, et c’est la l’une des « originalités » de cette évènement de l’actualité économiques, malgré tout le battage qui a été fait autour de cette conférence, trés peu d’infos concrètes ont filtrées hors des bureaux de Boulogne… Alors que le monde économique avait fait sa réputation sur la capacité de tous à savoir avant même d’y assister la teneur du discours, celui reste incroyablement secret et discret, rejettant tous les analystes à des conjectures hypothétiques à partir d’élément connus ou simplement théoriques…
Rendez vous donc Jeudi 9 Février à 8h pour ce qui s’annonce comme le premier vrai « show » d’une année économique 2006 qui risque d’être animé, et d’en connaitre pas mal d’autres…
Edit de Yom : Si si, il les ecrit tout seul ses articles le Obiwan…











Et oui, et même que je me suis encore couché à pas d’heures à cause de ça…
Con de moi, je dois bien être le seul à faire ça sur ce blog…
Sinon Yom, je trouve mesquine la manière que tu as de reposté systématiquement 3 posts dés que j’en post un… Je soupçonne une envie d’être toujours en haut de l’affiche….
Sale type va!
Roo l’autre !! D’ailleurs c’est Filou qui a posté au dessus de toi :blbl