Mormeck KO à la 10e reprise, perd ses deux titres…

Jean-Marc Mormeck a échoué samedi, au Madison Square Garden de New York, dans sa quête d’une troisième ceinture dans la catégorie des lourds-légers. Le combat d’unification de la catégorie (WBA-WBC-IBF) a tourné en faveur de l’Américain O’Neill Bell vainqueur sur KO par arrêt de l’arbitre à la 10e reprise. Dominé, Mormeck, qui ne s’était plus incliné depuis 1997, n’aura jamais su trouver la solution et s’incline sur une terrible droite. Bell devient ainsi le premier à unifier la catégorie depuis 18 ans !

Mormeck pris dans les cordes: le Français perd tous ses titres. Mormeck pris dans les cordes: le Français perd tous ses titres. Quelle désillusion! Jean-Marc Mormeck ne deviendra pas le premier boxeur depuis Evander Holyfield en 1988 à réunifier la catégorie des lourds-légers. Le Français, débarqué au Madison Square Garden dans la peau du favori, impression confirmée lors des conférences de presse d’avant-match où son adversaire avait semblé en-dedans et sur la défensive, a échoué dans sa tentative. Mormeck et son travail impitoyable de destruction sur le ring n’ont pu venir à bout d’un O’Neill Bell parfaitement préparé mais possédant aussi sans doute plus de métier que son adversaire tricolore, pourtant son aîné de deux ans.

Mormeck cueilli par une terrible droite durant la dixième reprise et qui subissait là le premier KO de sa carrière. Une droite qui concluait pour le Français une pluie de coups de la part d’un O’Neill Bell largement supérieur dans cette fin de combat. « Je ne sais pas ce qui a changé le combat mais je sais qu’à un certain point, j’ai réalisé qu’il était un grand champion et qu’il gagnait. » Rejeté dans un coin du ring, le détenteur des ceintures WBA et WBC vacillait avant de s’écrouler sur le côté, puis de rouler sur le dos compté par l’arbitre et finalement incapable de se relever. Il faudra même une longue minute à Mormeck pour retrouver tous ses esprits, preuve de la violence du déluge de coups infligé par un Bell tout à sa joie de cette victoire historique pour cet Américain d’origine jamaïcaine.

La vidéo du KO (Reportage : L’equipeTV, Images : TPS Star)


Mormeck s’est essoufflé…

Le Français, lui, à la descente du ring, admettait très sportivement la supériorité de son vainqueur dont il avait sans doute quelque peu sous-évalué la qualité. Mormeck, qui n’avait plus connu le goût amer de la défaite depuis 1997, à l’époque de ses débuts professionnels, en un combat, a tout perdu. Ses deux ceintures, fierté de la boxe française, se sont envolées à mesure qu’il butait sur la boxe d’un Bell dont la faille attendue ne sera finalement jamais apparue.

Le début du combat donnait lieu à une terrible épreuve de force à l’initiative du taureau Mormeck. Mais le travail de sape habituel du Guadeloupéen cette fois ne donnait pas les résultats escomptés. Bell semblait bien être ébranlé durant la deuxième reprise mais l’Américain tenait bon, laissait passer l’orage et surtout étalait une belle expérience en s’accrochant sans cesse au Français. La capacité même à truquer de Bell annihilait le plan de Mormeck dont la boxe très propre mais aussi très exigeante s’adaptait finalement mal à ce type d’adversaire, si habile pour s’économiser. Les encouragements de sa maman, doublés de ceux de Marie-José Pérec, autre gloire guadeloupéenne présente au « Theater », la petite salle du Madison, n’y faisaient rien. Mormeck ne parvenait pas à ébranler son adversaire.

Sans se révéler, Bell attendait son heure et elle venait, de manière illicite tout d’abord, sur un gros coup bas lors de la cinquième reprise, puis de façon imparable deux reprises plus tard sur cette première droite qui, on le saura par la suite, venait d’entamer l’armure de Mormeck. Trois rounds passaient et ce combat d’unification basculait du côté de l’Américain. Une nouvelle et terrible droite venait mettre au tapis un Mormeck saoulé de coups et rejeté dans les cordes. Le porte-drapeau de la boxe française concédait là sa troisième défaite en carrière pour 31 victoires.

Mormeck: « Je reviendrai… »

Un rêve était passé… Celui de rejoindre à jamais les Cerdan et Halimi au panthéon de la boxe française dans le temple de la boxe mondiale. Cet honneur revenait à O’Neill Bell dont on ignore s’il accordera une seconde chance à Mormeck qui affirmait déjà son désir de rebondir: « Je vais me reposer et puis je reviendrai. » A écouter son adversaire après le combat, la perspective de retrouvailles était envisageable: « S’il veut une revanche, il l’a. Je la lui accorde quand il le veut. » Mais la perspective de monter chez les lourds, qui alléchait tant Mormeck en cas de succès, n’est sans doute pas non plus pour déplaire à Bell. Sans compter que Don King, le promoteur des deux boxeurs, semblait déjà plus intéressé par une défense du nouveau champion unifié face à son challenger officiel. L’histoire ne repasse pas toujours et ça, Mormeck, trop rompu aux pratiques impitoyables de ce milieu, ne le sait que trop bien…

Source : Sports.fr

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