La vraie raison de la réforme des retraites ?

guillaume-sarkozy

Et si la raison principale de ce projet de loi de réforme des retraites n’était pas celle que l’on connait ? Après la décision (prise jeudi dernier) du gouvernement d’utiliser la procédure dite du «vote bloqué» pour accélérer la procédure devant le scrutin, le Senat a sans grande surprise adopté hier soir le projet de loi de réforme des retraites (avec 177 voix pour et 153 contre).

Le projet de loi qui porte de 60 à 62 ans l’âge légal de départ à la retraite et de 65 à 67 l’âge permettant de toucher une retraite sans décote est donc validé devant les sénateurs. Si le bienfondé d’une réforme n’est absolument pas discutable selon moi (vieillisement de la population, espérance de vie qui s’allonge, etc…), la non-discussion du gouvernement avec les différents acteurs sociaux et son entêtement m’agace au plus haut point… Et si il y a avait une raison à tout cela ?

Le site Mediapart publiait jeudi un article dans lequel elle mettait le doigt sur les affaires de Guillaume Sarkozy, frère de notre bien-aimé président, qui visiblement risque de profiter de façon très positive de la disparition à petit feu de notre régime par répartition…

En effet, les grands opérateurs privés sont convaincus que la réforme des retraites va conduire à l’asphyxie financière des régimes par répartition et favoriser les systèmes par capitalisation (fonds de pension). C’est en tout cas le pari que fait le patron du groupe Malakoff Médéric en créant une société commune avec la Caisse des dépôts et consignations (CDC – le bras armé financier de l’Etat) et sa Caisse nationale de prévoyance (CNP) en créant dès le 1er janvier prochain une société commune qui rêve de rafler une bonne part du marché qui se profile. Marché estimé entre 40 à 100 milliards d’euros…

Le seul petit couac dans cette vision d’avenir juteuse, c’est que le patron du groupe Malakoff Médéric n’est autre que Guillaume Sarkozy, grand frère de Nicolas… N’y voyez rien de très louche la dedans, c’est surement une grosse coincidence.

Pour info la CNP est une filiale de la Caisse des dépôts et consignations, de la Banque postale et du groupe Caisses d’Epargne, lui-même présidé par François Pérol, ancien secrétaire général adjoint de l’Elysée, et la CDC est une institution publique présidée par un parlementaire…

Je vous laisse tirer vos propres conclusions, je n’ai plus rien à rajouter pour ma part…

Source NouvelObs.com et Mediapart.fr

7 commentaires

  1. Personnellement, je préfère quand on parle d’autre choses que de politique ici. Réduire la simple réforme à un lien de filiation c’est tout à fait grotesque.

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  2. « Réduire la simple réforme à un lien de filiation c’est tout à fait grotesque. »

    Ce n’est absolument pas ce que j’ai écrit… Si tu relis mon billet, il y est écrit que je ne remets en aucun cas en cause cette réforme, elle est nécéssaire, mais pas forcement sous cette forme bref, ce n’est pas l’objet de ce billet.

    Si j’ai écris ces quelques lignes, cette juste pour souligner une chose qui me parait juste très limite. Dans un contexte boursier, on appelle ca du « délit d’initié », dans les mondes des affaires ya rien d’interdit, je te l’accorde, je trouvais juste ca pas tres beau…

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  3. Ton hypothèse n’est pas improbable. Avec son admiration pour la politique neo-libérale américaine Sarko souhaite surement mettre en place un système de retraite par capitalisation. Et qu’il y ait « copinage » c’est aussi cohérent, ça fait même partie du « jeu » (voir les divers conflits d’intérêts de l’administration Bush)

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  4. Même si je ne suis rarement d’accord avec toi Yom je suis content de ton billet, la polémique c’est très sain ! D’ailleurs c’est un peu dommage qu’il y en est moins qu’avant sur ce blog…il arrive que des gens apportent des connaissances et/ou des liens utiles sur des sujets politiques.

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  5. Mathématiquement parlant, il FAUT augmenter les cotisations et l’âge du départ à la retraite pour conserver le système par répartition. Et il va falloir aller bien au delà de 62 ans. C’est une réalité.

    C’est justement les propositions du type « prélevons sur le capital », « cherchons d’autres sources de revenus » qui risquent d’entraîner une dérive vers la retraite par capitalisation. Ne confondons pas tout, varier les sources de revenus des retraites aura pour conséquences direct l’augmentation de la retraite par capitalisation qui existe déjà. Pas l’inverse.

    De plus Malakoff Médéric doit la plus grande partie de son chiffre d’affaire aux complémentaires santé et Prévoyance. Donc, même s’ils font de la retraite, ce ne seront pas les mieux placés pour en profiter. Il suffit de voir leur hall d’entrée avec leur pancarte « voici les entreprises qui utilisent nos complémentaires ». Mais je suppose que tu n’y as jamais mis les pieds ?

    Autant dire que ton article par son manque de connaissance du marché, par son absence de preuve, d’argument et sa volonté de spéculer sur du vent me déçoit au plus haut point.

    Je peux t’aider pour un prochain article :
    « Il y a eu une grave crise, DSK est au FMI. Coïncidence ? Je ne crois pas »

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  6. Bof, analyse à courte vue.

    Je bosse dans un groupe concurrent de Médéric Malakoff, donc cette hypothèse, si elle est séduisante sur le papier, est néanmoins un peu faiblarde.

    Parce qu’il ne faut pas oublier que ces groupes gèrent également des réserves de fric issues de la répartition (les réserves de la fédération AGIRC ARRCO), réserves qui vont disparaitre à toute vitesse dans les prochaines années si on ne fait rien. Or ces mêmes réserves permettent à des groupes comme Médéric d’empocher du chiffre d’affaires garanti, sous forme de frais de gestion.

    D’autant qu’il faut arrêter de rêver, le système par capitalisation à la française existe déjà et s’appelle l’assurance-vie, marché sur lequel ces groupes, mais surtout les banques, beaucoup plus grosses, sont déjà très présents (Leader du marché, la première banque de France, i.e le Crédit Agricole, via sa filiale Prédica).

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  7. Bien d’accord avec Polydamas. Si la réforme avait voulu consacrer le système par capitalisation, il suffisait de réduire les pensions versées. Il n’y avait même pas besoin de toucher à l’age de départ à la retraite.
    La réforme tente, au contraire, de faire durer encore un peu le système par répartition qui, à terme, me parait de toute façon voué à « ne plus suffire ». D’où le succès des produits de retraite complémentaire qui ne fait que débuter à mon sens.

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