Parlons donc des origines de la crise. Quel a été l’agent contaminateur du système financier ?
Les Subprimes, me direz vous en cœur ! Vrai. Mais incomplet. Le problème des subprimes, comme on oublie souvent de le dire, tient en plusieurs facteurs. L’un a été très bien expliqué : l’octroi, à des ménages peu solvables (ou insolvables), de prêt « hypothécaires » pour acheter leur maison. Et c’est le « non remboursement » de ces prêts qui a créé la cascade de dominos. Pourquoi ?
Simple : D’une part, aux USA, les établissements de crédits ne sont pas soumis à des règles, que j’avais tendance à qualifier de « strictes » avant, mais qui m’apparaissent de plus en plus comme « raisonnables » aujourd’hui, et d’autre part, ces prêts ont été fait en contrepartie d’une hypothèque, celle de la maison acheté grâce au dit prêt. Hypothèque qui a (en plus!) été surévaluée, nous le savons maintenant. Eléments peu évocateur à priori, mais qui ont leur importance à fortiori. Ensuite, ce que certains oublient souvent de mentionner, c’est que ces prêts ont été octroyés avec un « modus operandi » différents des prêts auxquels nous, français, sommes habitués dans une grande majorité : le taux variable. En effet, ces prêts étaient à taux fixes sur 3 ans, et devenaient variables à l’issue de cette période.
Des deux faits ci-dessus, découlent deux risques :
L’hypothèque de la maison (i.e. gage de la reprise en pleine propriété du bien immobilier par l’organisme prêteur en cas de défaillance de l’emprunteur) n’est pas juste un effet de manche du prêteur : c’est une « garantie » permettant de limiter ce qu’on appelle le « taux de risque » et donc les pertes potentielles. Chaque banque prévoit un taux de perte, et subit des pertes sur les prêts qu’elle octroie. En France, la moyenne du taux de risque s’établit, de mémoire, aux environ (grosso modo) de 1%. Cela signifie qu’1% des montants prêtés, 1% des prêts réalisés, sera perdu. 1%, ça fait pas mal. Mais c’est peu comparé aux copains dans d’autres pays moins sourcilleux.
Et pour se « prémunir » contre ce risque, différentes approches existent : augmentation du taux d’intérêt moyen, augmentation de l’apport demandé à l’ouverture de la ligne de crédit, ou « gage ». Gage ? La fameuse hypothèque dont nous parlions plus haut, dans le cas précis des subprimes. Ce gage, cette hypothèque est une sécurité censée couvrir les pertes d’un crédit qui ne peut plus être remboursé, en revendant le bien en gage (la maison dans le cas des subprimes) et en affectant le produit de cette vente à la couverture des pertes. Le problème de ce système survient quand cette hypothèque ne représente pas la valeur souhaitée, ou prévue, valeur censée pouvoir couvrir les pertes d’un client non solvable, mais aussi, et surtout, les profits qu’il représente pour la banque. Et quand ce cas de figure devient réalité, le prêteur engrange des pertes. C’est donc le premier risque. Et là c’est mal.
Deuxième risque, les taux variables! Ceux-ci peuvent représenter à la fois une opportunité (dans un marché à la baisse), et un véritable risque. Revenons d’abord aux bases : comment sont calculés les taux d’intérêts que vous propose votre banque ? Question simple, mais pourtant cruciale ! Les taux d’intérêts sont généralement calculés selon la méthode suivante (pour faire simple):

Taux d’intérêt client = Prix de l’argent sur le marché + OpEx (Operating Expenses) + Coût du Risque + Marge
Prix de l’argent sur le marché : taux d’intérêt auxquels une banque peut emprunter de l’argent. Dépend de sa capacité à rembourser (Rating de la banque) et de l’offre et de la demande.
OpEx : Prix que lui coute la « structure » nécessaire pour mettre votre emprunt en place : coût des hommes, des process, des outils …
Coût du risque : Coût estimé du risque de défaillance de l’emprunteur. Il différera bien sur selon votre profil, votre apport, la nature de l’investissement que vous réalisez… Mais il est généralement traité en « moyenne » par les différentes Business Unit d’une banque.
Marge : YALLA ! (Pas besoin de sous titre la ?)
En clair, le calcul de base d’un système monétaire. Quel a été le problème dans les subprimes me direz vous alors ? Et bien ce taux d’intérêt était « variable », comme je vous le disais plus haut. C’est-à-dire indexé, en parti, sur le coût de l’argent. Et ce fut l’une des premières causes de cette crise…
En effet, l’argent a sensiblement augmenté entre la conclusion du prêt (3 ans auparavant) et le passage en « taux variable », au bout des 3 premières années. Demandez à la Fed, c’est elle qui s’en occupe. Demandez à Jim Cramer, il nous avait prévenu (et nous, on n’avait rien compris…), lors d’une colère Homérique sur un plateau de TV.
Et voila la base du problème : une double augmentation du taux d’intérêt : le cout de l’argent en effet augmente (1% en 2004 à 5% en 2007), mais surtout, le cout du risque a lui aussi augmenté. Conséquence en effet de la première augmentation des taux, et des premiers « insolvables » saisi, le taux de risque a commencé à grimper dés que les banques se sont rendus compte, que l’hypothèque à reprendre valait moins que le crédit octroyé. Elles ont ainsi procédé à une augmentation du « cout du risque », donc des provisions réalisées chaque mois, afin de se couvrir au maximum face aux potentielles pertes qu’elles voyaient venir de manière « statistiques ». Et l’augmentation fut mise en place pour tout le monde, bien entendu.
L’un sans l’autre n’aurait pas été si grave que ça d’ailleurs. Sauf que là, les deux augmentations de taux se sont incrémentées. Plus, ne soyons pas naïfs, une augmentation probable de la marge… Grâce au taux variable, ce genre d’augmentation peut se faire sans prévenir. Et les 3 ensembles vous donnent le premier effet Kiss Cool : augmentation du taux de base (cout de l’argent) + augmentation du taux de risque + augmentation de marge = augmentation drastique (vertigineuse?) du taux d’intérêt.
D’où les premières défaillances « en masse ». Et qui dit défaillances, dit, bis repetita, une nouvelle augmentation du taux de risque, plus prononcée que la première. Et là, c’est le drame. 3 augmentations coup sur coup, dans les dents des emprunteurs, emprunteurs qui, pour la plus grande part, était déjà « border line » vis-à-vis de leur taux d’endettement.
Et la c’est l’escalade. Les remboursements sont de plus en plus difficiles pour les clients « border-line ». Donc, de plus en plus de défaillances surviennent, et donc de plus en plus d’augmentation de taux (j’essaie de rattraper les pertes des uns sur les autres) et une escalade dans la défaillance des emprunteurs…
La cerise sur le gateau : ces engagements de crédits n’étaient pas seulement sur 3 ou 5 ans. Mais sur 15, 20 ou 25 ans même. Donc c’est l’avenir à long terme de la société de prêt hypothécaire qui s’assombrit d’un coup, puisque tous ses « investissements », ses emprunts ont été faits en considérant une manne financière de très long terme… qui disparaît à court terme… et crée donc irrémédiablement des pertes colossales à anticiper.
Ajoutez à cela les effets secondaires : une croissance massive de bien immobiliers « gagés », dont la valeur a été exagérée, entrant en masse sur le marché US , créant une baisse du prix de l’immobilier drastique (offre supérieure à la demande). D’où des pertes encore plus fortes pour les prêteurs. Et donc une (nouvelle) augmentation en conséquence des taux…
Et là, vous avez le patient 0.
La suite, c’est par ici: Du Web au Business !










votre analyse est parcellaire :nono , lisez l’article de Jacques Sapir sur contreinfos.infos son analyse est complète et ne s’arête pas qu’au bloc spéculatif américain. Les causes remontent au moins à la période Thatcher/Reagan avec un tournant qu’est la crise de 1998. :bye
En effet, l’analyse n’est pas complete, et il y a quelques erreurs, mais c’est deja pas mal et meme si ca ressemble un peu a "surfer sur une histoire qui fait vendre", au moins il essaye de vulgariser pour le grand publique qui s’y interresse.
Du cote de Jacques Sapir (1ere fois que j’entends le nom, desole de mon ignorance), je me suis arrete au 9eme paragraph:
"Or, la faillite de Lehman déstabilise l’assureur AIG, déjà en mauvaise situation, car ce dernier détient un volume important de ces CDS"
Les CDS de Bear Stearns (qui a ete sauve par la Fed) ont ete execute, donc que Lehman soit sauve ou non, les CDS que detenait AIG aurait ete execute aussi.
Tout ca pour dire qu’Obiwan vulgarise beaucoup et ecrit quelques petites coquilles, mais il n’a pas d’autre objectif que de donner une vue d’ensemble. Jacques Sapir rentre dans les details comme un professionnel et ecrit des grosses betises…
@anonyme: pour vous elle est parcellaire, mais comme le dit Birof, je ne cherche pas à faire dans l’analyse "micro" de chaque faillite, mais à décrire et décrypter les origines de la crise (sans étudier et détailler chaque faillite…)
@Birof: merci (et n’hésites pas à me remonter les coquilles plz!) et c’est tout à fait ce que j’essaie de faire… Mais l’article suivant arrive !
Comme quoi il est préférable de se taire ou de s’informer plutôt que de se lancer dans une courageuse mais inexacte et trompeuse explication. C’est bien dommage
.
Et l’episode 3:
http://www.webobusiness.com/2008...
Crise des subrimes : une explication simple pour ceux qui essaient encore de comprendre.
(inspiré d’un blog)
Alors voilà,
Me Ginette a une buvette à Bertancourt, dans le Nord (ch’ti).
Pour augmenter ses ventes, elle décide de faire crédit à ses très fidèles clients, tous « alcoolo », et tous au chômage de longue durée.
Vu qu’elle vend à crédit, Me Ginette voit augmenter sa fréquentation et,
en plus, elle peut même augmenter un peu les prix de base du « calva »
et du ballon de rouge.
Ses créances deviennent assez importantes, mais elle tient (toujours/encore)
Max, jeune et dynamique directeur de l’agence bancaire locale, quant à lui,
pense que les « créances » du troquet constituent, après tout, des actifs recouvrables, et commence à faire crédit à Me Ginette
(il ignore ou pas qu’il a des dettes d’ivrognes comme garantie).
Au siège de la Banque, des « Traders » avisés transforment ces actifs recouvrables en CDO, CMO, SICAV, SAMU, OVNI, SOS et autres sigles financiers que nul n’est capable de comprendre, non sans expliquer que ces « actifs »
ont en réalité, 10 fois leur valeur annoncée : c’est sans danger..
La Banque récolte ainsi (n) fois la créance de Me. Ginette.
Ces instruments financiers servent ensuite de levier au marché actionnaire et conduisent, au NYSE, à la City de Londres, au Bourses de Francfort et de Paris, etc., à des opérations de dérivés dont les garanties sont totalement inconnues de tous, mais sur-côtées à chaque transaction (les ardoises des « alcoolo » de Me Ginette).
Ces « dérivés » sont alors négociés pendant des années comme s’il s’agissait de titres très solides et sérieux sur les marchés financiers de plus de 80 pays.
Jusqu’au jour où quelqu’un se rend compte que les « alcoolo » du troquet de Bertancourt n’ont pas un rond pour payer leurs dettes ..
La buvette de Me Ginette fait faillite,
Max a été viré, les « traders » ne sont pas inquiétés,
pas plus que le grands « pontes » de la Banque.
Maintenant je lance le jeu de piste :
OU EST PASSE LE POGNON ?
le premier qui trouve a gagné !
Test